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On désigne par écodesign une nouvelle approche qui consiste à mettre en uvre des méthodologies prenant en compte le respect de l'environnement dans la création et la conception des produits qui nous entourent.
Il s'agit d'ajouter à la problématique déjà complexe et transversale du design d'un objet les critères relatifs au respect de l'environnement. Ceux-ci interfèrent à tous les niveaux du projet: du cahier des charges au concept, mais aussi lors des choix et arbitrages du projet.
Si la majorité des designers se contentent aujourd'hui de l'intégrer comme ils le font pour l'ergonomie, c'est-à-dire de façon instinctive et empirique, certains se spécialisent et participent à des réflexions prospectives autour de ce sujet, ce qui leur permet d'élaborer de nouvelles méthodologies d'analyse et de travail. On peut citer les travaux d'Ezio Manzini, de Domus Academy, de O2 France ou de Dalt France.
Parmi les méthodologies qui sont intégrées dans le processus du projet, on peut signaler:
l'analyse du cycle de vie de l'objet et de ses composants (analyse de sa conception, production, distribution, consommation et déconsommation, étude des pollutions et des déchets générés),
une étude plus approfondie du comportement de l'utilisateur mais aussi de ses valeurs,
une attention plus réfléchie portée au choix des matériaux et des technologies mis en uvre pour la matérialisation de l'objet (la démontabilité, la traçabilité, la recyclabilité, des matériaux et technologies "propres", renouvelables ou biodégradables, intégration de matériaux recyclés),
des réflexions sur l'up-grading, la modularité, la durabilité, le produit vu comme service et non plus comme objet, qui permettent de changer de point de vue et d'élaborer de nouveaux concepts de produit.
Aujourd'hui prospective et embryonnaire, cette démarche devrait être plus présente dans un futur proche, à mesure que progresse la prise en compte de ce vaste boomerang qu'est la question environnementale. On peut citer à titre d'exemple, à quel point les crises du sang contaminé, de la vache folle et de la dioxine ont fortement sensibilisé le consommateur européen à ces nouveaux critères qualitatifs et dopé l'essor de l'agriculture biologique sur nos étalages. Le transfert à l'univers de l'objet n'est donc qu'une question de temps ou d'une prise de conscience par des scandales médiatisés. |