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Les premières orientations
Croquis Matthew Hilton
Par sa malléabilité, le plastique offre une infinité de possibilités formelles. Matthew Hilton et Hansjerg Mayer-Aichen ont d’abord étudié une cinquantaine de chaises en plastique préexistantes. Elles leur ont permis de préciser le projet. La chaise Selene de Vico Magistretti, éditée en 1971 par Artémide, leur a paru être la plus aboutie.
Très vite, Matthew Hilton sait qu’il ne souhaite pas s’engager dans la recherche d’une nouvelle typologie de chaise. Il choisit d’en reprendre les constituants basiques, quatre pieds, une assise, un dossier, pas d’accoudoirs et de les assembler dans la logique du plastique, c’est à dire sans copier les techniques d’assemblage du bois ou du tube métallique.
Son choix formel est aussi directement lié à la compréhension de la technologie de fabrication.

"Lorsque j’ai compris la technique, la forme a très vite été mise au point. Je n’avais alors plus qu’à en formaliser l’expression logique, en refusant toute idée de style, décoration ou imitation" Matthew Hilton.

Croquis chaise Wait, Matthew Hilton
La stabilité de la chaise
Le polypropylène est un matériau résistant mais flexible contrairement à la rigidité du polyester renforcé de fibres de verre avec lequel la plupart des chaises de la deuxième moitié des années 60 ont été réalisées.
Constituée d’un seule bloc de polypropylène, la chaise Wait se différencie de celles vendues dans la grande distribution qui comportent généralement une structure rigide en tube métallique sur laquelle l’assise et le dossier sont fixés. La solidité des pieds de la Wait est assurée par le système de pliage en angle droit vertical. Le pliage est maintenu à la base par une pièce triangulée de faible épaisseur et à son sommet par les côtés verticaux légèrement incurvés de l’assise. Ouvert vers l’extérieur, le pliage des pieds permet d’empiler les chaises dans le plus petit volume possible, ce qui limite les coûts de transport et facilite le rangement.
La partie la plus fragile d’une chaise est la jonction entre l’assise et le dossier. Les chaises en bois remédient à cette faiblesse en prolongeant les pieds arrière jusqu’au sommet du dossier. Les chaises à structure métallique, quand elles n’utilisent pas le même procédé, prolongent les montants du dossier sous l’assise quitte à les prolonger dans les pieds avant.
Les sièges en plastique de grande série sont toujours équipés d’accoudoirs (parfois réduits à un simple arc de cercle) qui solidarisent les parties verticales et horizontales du dossier et de l’assise.
Matthew Hilton refuse l’idée d’accoudoirs qui altérerait l’identité du projet de chaise monobloc. Avec l’aide des ingénieurs d’un bureau d’études londonien spécialisé dans la résistance des constructions, il arme l’arrière du dossier de quatre nervures verticales qui se prolongent sous l’assise. Elles y croisent deux nervures perpendiculaires. Les chants du dossier, ainsi que la ceinture de l’assise sont galbés avec une contre-dépouille qui assure une plus grande solidité à l’ensemble.
Cette dernière contrainte a rendu indispensable la fabrication d’un moule en trois parties. Ainsi armée et ourlée, la chaise a une rigidité optimum que la flexibilité du polypropylène rend confortable.

Exception faite des quatre patins en caoutchouc soudés à la base des pieds pour en faire autant un meuble d’intérieur que d’extérieur, Matthew Hilton a réussi le défi de faire une chaise monobloc avec un matériau flexible.

Croquis Matthew Hilton
Croquis Matthew Hilton

Coloris et traitement de la surface
Tout comme l’épuration des formes, le traitement de la surface des objets de la marque Authentics est une composante décisive de son identité. Ils sont translucides mais pas transparents et traités dans une gamme de couleurs rabattues. Ardoise, noir, blanc, jaune, bleu clair, bleu royal ou rouge de Chine, les couleurs de la chaise Wait sont mates et rendues sensuelles par la légère porosité du polypropylène. Comme le reste de la collection Authentics, elles ne font pas revivre la fièvre électrique du plastique des années pop (années 60). Elles évoquent plus une sensualité confortable et mature qu’une explosion de plaisir immédiat.
Certaines commandes, comme celle réalisée pour le Millenium Dom de Londres, peuvent être l’occasion d’expérimenter de nouvelles couleurs plus adaptées au commanditaire qu’au fabricant.
Hansjerg Maier-Aichen n’exclut pas que les possibilités du commerce électronique, combinées aux technologies numériques de fabrication permettent un jour d’envisager des traitements de surfaces individualisés ; déclinaisons de couleurs, de décors ou même de typographies.

Les coloris Authentics