sommaire/plan/contactLa twingoLafumaLa brosse à dentsBabylonLa chaise WaitLa chaise Wait



les origines du projet
Une diversification indispensable
Authentics, tant pour assurer son développement que pour se démarquer des plagiats suscités par son succès, a constamment besoin de diversifier sa production.
La diversification doit cependant éviter l’écueil de la dénaturation et de la perte d’identité de l’entreprise. Le respect des mots d’ordre, écologie, respect du matériau, design et épuration des formes canalise l’évolution homogène de la production.
C’est avec la chaise Wait qu’Authentics abordera le domaine du petit mobilier. Le polypropylène, matériau emblématique de la marque, assurera auprès du public la cohésion du mobilier avec l’image du reste de la collection.

Un défi commercial
La décision de lancer sur le marché une chaise en plastique est un défi, certes calculé et mesuré, lancé par Authentics. Elle ne répond pas à une demande d’un service de marketing, comptabilisée par sondages, auprès d’un panel de consommateurs. Authentics envisage de créer un nouveau produit, plus culturel que doté de nouvelles fonctions. Le projet de chaise Wait doit trouver son équilibre commercial dans une consommation marginale, à l’extrême frontière de l’achat de nécessité.


Le choix d'un designer.
Matthew Hilton, designer britannique a réalisé en 1997, une pendule murale pour Authentics. Hansjerg Maier-Aichen lui confie le projet de développer une chaise en plastique. Cette décision est le fruit de l’intuition professionnelle du chef d’entreprise qui choisit "la bonne personne au bon moment ". La rencontre se fait sur l’idée de produire une chaise qui réponde à l’esprit d’Authentics.
Matthew Hilton n’avait pas fait auparavant de proposition de modèle à Hansjerg Maier-Aichen qui apprécie ce peu de connaissances de la production de masse. et mise sur la "non spécialité de ce designer indépendant".
C’est à cette époque, pour le designer, le projet le plus industriel qui lui est confié.

Matthew Hilton
né en 1957

Après des études de design au Kingston Polytechnic, Matthew Hilton est pendant quatre ans, designer industriel intégré. Il travaille à des projets pour la grande distribution. Cette expérience le familiarise avec les techniques de fabrication de maquettes et de mise en oeuvre des plastiques entre autres.
En 1984, dans la grande vague du nouveau design européen, il fonde son agence de design et se spécialise dans la production de meubles. Il manie différents matériaux, fonte d’aluminium, bois ou plastiques.
Depuis 1992, il travaille pour plusieurs entreprises européennes qui privilégient une production contemporaine d’auteur, à diffusion restreinte ou moyenne: SCP Ltd, Driade, Disform, Sawaya and Moroni, XO, Montis, Perobell, Authentics et Handles and Fittings Ltd.
En 1999, il dessine une collection de luminaires et de sièges pour l’entreprise Britannique, Lusty Lloyd Loom.
Depuis 2000, il est à la tête du design de la société Habitat Grande Bretagne.
Ses oeuvres sont dans les collections du Geffrye Museum de Londres, du Victoria and Albert Museum, du Design Museum de Londres et du Manchester City Museum.


L'intention du projet
"La simplicité ne doit pas être confondue avec le simplisme. Elle est le résultat d’une complexité maîtrisée et de la force de la naïveté du designer, menée avec savoir et connaisance." Hansjerg Maier-Aichen. 2000.

Des premières discussions entre Hansjerg Maier-Aichen et Matthew Hilton sur le projet d’une chaise à la sortie du modèle Wait, environ deux années se sont écoulées. Ce délai, légèrement supérieur de quelques mois à ceux habituellement pratiqués, s’explique par l’absence d’expérience d’Authentics dans le secteur du siège.
Une première étape d’environ six mois est consacrée aux échanges entre le designer et l’entreprise permettant à Matthew Hilton d’intégrer la spécificité de l’identité d’Authentics et de mieux comprendre les enjeux de ce projet pour la marque. Les six mois suivants sont consacrés à l’élaboration du design de la chaise. Une année, dont cinq mois pour la fabrication de l’outil de production (un moule d’acier de quatre tonnes) a été nécessaire pour en réaliser le développement jusqu’à la sortie du premier exemplaire.

Le cahier des charges initial est réduit: Une chaise (un siège à dossier sans accoudoir) en polypropylène monobloc, utilisable à l’intérieur et à l’extérieur et empilable. Bien que devant rester modéré, le prix n’a pas à s’aligner sur ceux des mobiliers de jardin des grandes surfaces.

La proposition de Matthew Hilton est une chaise qui réponde avec justesse, précision et plénitude à toutes les exigences d’une chaise en plastique. Il cherche la solution vraie qui combine la fonction, le matériau et le mode de production. Il la souhaite confortable. Plutôt que de jouer dans le secteur de la virtuosité formelle, Matthew Hilton choisit d’offrir une image de chaise qui s’impose par la puissance de son évidence. Le poids des investissements et des amortissements impose une image pérenne qui dépasse en longévité l’impact médiatique.

"Je n’ai fait qu’une icône, l’icône d’une chaise en plastique, l’expression logique d’une technique" Matthew Hilton. 2000.

Ingénieur et designer
La plupart des sièges en plastique destinés à la très grande série sont conçus par des ingénieurs ou des designers intégrés (exception faite des fauteuils de jardin Boston et Tango (1973) du designer Pierre Paulin pour l’entreprise Stamp). Leur dessin répond de la manière la plus économique aux contraintes techniques, à une utilisation minimale de matériau et, éventuellement à l’image attendue par le plus grand nombre de consommateurs. La gestion des nécessités techniques et commerciales donne ainsi à l’ingénieur la paternité d’un nouvel archétype de meuble, le fauteuil de jardin en plastique.
Moins contraint par les impératifs économiques, Matthew Hilton, dans un esprit de recherche sur l’objet, proche des idéaux des Arts and Crafts, a cherché à donner à l’utilisateur une chaise qui ne pollue pas son regard ni son environnement formel.
L’ingénieur s’efforce de créer le siège techniquement et économiquement le plus juste, le designer, la chaise la plus juste pour l’utilisateur.